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4. Le Cadre – Education positive – Devenir Parents – bb-infos

4. Le Cadre – Education positive – Devenir Parents

L’éducation positive : la place du cadre

Lorsque l’on parle d’éducation positive, on pense souvent « éveil », « absence de punition », voir « absence d’interdiction » … En bref, nous passons en revue tous les ingrédients nécessaires à la naissance d’un enfant-roi.

Nombreux sont ceux qui s’opposent à cette vision éducative, prônant que « S’il n’y a pas de punition, il n’y a donc pas de limite, ce qui mène à la toute puissance de la jeune génération. Et l’éveil, c’est bien beau, mais dans la réalité, il n’y a pas que des droits, il y a aussi des devoirs et des interdits ! ».

En toute honnêteté, ces arguments sont, il me semble, tout à fait exacts.

De même, je pense qu’une éducation sans punition, sans cri, favorisant l’éveil et la construction identitaire, n’est pas incompatible avec les notions de limites, de conséquences en cas de dépassement de ces limites, dans un cadre responsabilisant et emprunt de considération.

Définissons ensemble la notion de cadre.

Une expérience a été menée il y a plusieurs années de ça avec un groupe d’enfants de 2 à 5 ans pour tenter d’observer l’impact que provoquait un cadre au sein d’une activité extérieure.

Le premier jour, les enfants ont été invités à jouer dans un parc où des barrières ont été placées. L’espace était assez grand, contenant des jeux et proposant un environnement attrayant. La bambins se sont rencontrés, ont joué et ont passé un bel après-midi.

Le lendemain, les mêmes enfants ont été réinvités à vivre la même journée, quasiment dans les mêmes conditions. Un détail a cependant été modifié : les barrières ont été enlevées. Concrètement, une plus grande liberté était alors à la portée de tous. Chacun avait induitement le droit de jouir du plein espace et d’y jouer avec les mêmes camarades et les mêmes jeux que la veille.

Résultat : les enfants ont déambulé, joué un peu avant de se lasser rapidement et de s’éparpiller, les plus jeunes d’entre eux ont pleuré et réclamé leur parents … Aucun n’a passé un moment agréable dans la durée.

Que peut-on déduire de cette étude ?

Le cadre n’est pas une limite infranchissable. Il n’est pas non plus un interdit engendrant la frustration. Il est le dessin d’un espace de liberté et se veut « rassurant » pour les plus jeunes !

C’est un peu l’histoire du verre à moitié plein ou à moitié vide. A la différence que, concernant nos enfants, notre perception de la réalité et notre manière de la présenter aura des incidences sur leur bien-être. Pourquoi mettre davantage l’accent sur les barrières plutôt que sur l’attrait que représentent l’activité proposée et la grandeur de l’espace pour en profiter ?

C’est un sujet philosophique que nous ne développerons pas ; mais comment définir son espace de liberté si on ne peut percevoir où il prend fin ?

De surcroît, dans l’étude exposée, nous remarquons l’effet constructif et bénéfique pour les petits, d’être dans un espace défini. Nous sommes donc dans l’application d’une éducation bienveillante qui protège et qui fait confiance, qui encourage la liberté et qui place des limites, qui favorise l’éveil mais qui comprend des conséquences en cas de sortie du cadre posé.

Concrètement, comment articuler libertés, limites et conséquences ?

Nous aurions pu employer les mots « permissions », « interdits » et « punitions ». Et ce n’est pas pour jouer sur les mots que nous choisissons de parler de libertés, de limites et de conséquences.

Comme nous l’avons souligné dans un article précédent, l’esprit de la méthode est plus importante que la méthode elle-même. Pourquoi ? Car des mots justes sont amenés par une stratégie précise et réfléchie, qui saura se mettre en place avec facilité et logique, donnant ainsi du fruit.

Techniquement, une punition met l’accent sur le pouvoir du parent à sanctionner une transgression de l’enfant. L’idée est d’obtenir obéissance, ce qui est parfois assorti de la phrase : « tu comprendras lorsque tu seras plus grand. ».

Au contraire, une conséquence place l’enfant comme acteur et décideur. Elle le responsabilise parce que le parent décrit les enjeux, les démontre tant que possible, favorisant le fait d’assumer et de réparer plutôt que de purger une peine souvent incomprise.

La première approche infantilise, la seconde édifie.

Prenons un exemple concret.

Aujourd’hui, il pleut. L’enfant ne doit pas sortir pour cause de mauvais temps.

La première approche donnera ce discours : « Tu ne sors pas. Il ne fait pas beau, tu vas jouer dans ta chambre. »

Imaginons que l’enfant sorte par la porte de derrière. Les parents s’en rendent compte. Le petit sera privé de dessert et de sortie pendant une semaine.

La punition apprend à l’enfant à ne pas désobéir.

La deuxième approche sera différente et orientera le discours autrement : « Aujourd’hui, il serait préférable que tu joues dans ta chambre, ou que tu choisisses une autre activité intérieure. Tu as plein de jeux intéressants, profites-en. Il pleut, et sortir par ce temps peut te faire attraper froid. Nous ne voulons pas que tu sortes. De plus, tu risques de te salir et nous serions alors obligés de te changer. Ce serait un travail supplémentaire et inutile. ».

Finalement, l’enfant décide de sortir malgré tout ce qu’il sait de la situation. Les parents s’en rendent compte également et leur première réaction est de placer ce que l’on nomme « le principe de réalité » : « Tu es tout mouillé. Est-ce que tu te sens bien dans cette situation ? ».

Puis ils traitent la situation : « Tu t’es sali. Est-ce que tu trouves que c’est bien de ta part alors que nous t’avions prévenu que ça nous donnerait du travail supplémentaire pour remédier à ça ? Tu vas te changer, tu vas laver tes vêtements, et tu ne joueras pas avec tes jeux tant que tout ne sera pas propre et étendu. Et quand tu auras finis ce travail, tu viendras nous dire ce que tu penses de ta bêtise. Que penses tu de ton comportement ? … A tout à l’heure.».

Les conséquences annoncées dès le début posent un cadre. Que l’enfant dépasse les limites n’est pas grave du tout. Il le fera tôt ou tard. L’important se situe dans la qualité de notre réponse. Cette réponse doit « faire grandir ».

Apprendre à ne pas désobéir, comme dans la première approche, précède un conflit à l’adolescence dont l’enjeu est l’affirmation de soi. Elle donnera donc inévitablement lieu à une confrontation frontale du jeune envers ses parents.

Apprendre à se gérer et à réparer, selon la deuxième approche, prépare un futur adolescent à mesurer les conséquences de ses choix et de ses actes. L’affirmation de lui-même donnera lieu à des conflits, probablement. Cependant, la dynamique ne mettra pas au centre les interdits et la remise en cause de l’autorité parentale ; mais davantage l’analyse des décisions et actions posées par le jeune avec une capacité à l’autocritique.

Il est important d’entrevoir l’adolescence avant l’heure, car c’est le devenir de l’enfant, de même que l’enfant est le devenir du bébé. L’éducation n’est pas figée. C’est une construction progressive.

Comment installer la notion de cadre pour un bébé ?

Pour un enfant ou un adolescent, cette notion concerne généralement les libertés de mouvement, les occupations.

Pour un bébé, nous parlerons davantage de « repères ». La reconnaissance des horaires de repas, de sommeil, de change sont les prémices de la notion de cadre.

Ces prémices se voudront constants, annoncés, sous forme de « rituels » pour qu’il soit compris par le nourrisson.

Ces « rituels » sont ce que l’on nomme en éducation un « contenant » car, symboliquement, ils enveloppent et « apaisent » le bébé par le rythme qu’il propose. Ils ne sont donc pas dans un vide, mais déjà dans un début de perception temporelle, avec des étapes, des acteurs que sont les proches. Il y a du « sens ».

Le cadre expliqué et rassurant fait son entrée !

Notons que pour être efficace, ce cadre (ou repères) devra être expliqué (même au bébé), tenu dans la longueur, et cohérent entre les 2 parents, le cas échéant.

Au fur et à mesure de l’évolution de l’enfant, l’espace de liberté s’élargira ; ce que les parents sauront expliquer après s’être mis en accord pour que chacun d’eux en soit les garants au même titre.

Nous aborderons ce sujet dans notre prochain article :

L’importance de la communication pour élaborer et faire vivre une éducation positive et bienveillante.

Yoann LM

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